union du ciel et de la terre
Publié le 17 Janvier 2013
J'ai choisi "labourer les nuages" comme titre de ce blog, car il semble bien correspondre à une partie assez dominante de ma personnalité. Et en effet, je ne m'en cache pas, il y a quelque chose d'irréel, d'immatériel dans mon être au monde, comme si j'avais en permanence une antenne connectée à la viscosité sans forme de mes rêves, à la totalité aérienne de l'univers. Je garde d'ailleurs parmi mes souvenirs très lointains, ces fois où je marchais pour me rendre à l'école enfantine, et où mes divagations intérieures avaient déjà une portée métaphysique relative à l'Univers. Je me souviens très bien de m'être régulièrement demander avec insistance des questions aussi triviales que fondamentales telles que : "Mais où se trouve l'Univers ?", "Qu'est-ce qui le contient ?", "Pourquoi existe-t-il plutôt que n'existe-t-il pas ?" et ces questions du pourquoi et comment de la vie m'absorbaient. De la première primaire, l'enseignante d'alors m'a avoué plusieurs années plus tard quand j'étais devenu un jeune adulte, que quand j'avais 7 ans elle se faisait du souci pour moi tellement je semblais absent dans mes pensées durant les jours de classes. Il faut croire que sa manière d'enseigner n'était pas très stimulante. Il n'empêchera que je passerais ma scolarité à collectionner les rangs d'honneur, autant dans les disciplines intellectuelles que sportives.
Bref, ce titre représente bien l'une des facette forte de ma personnalité : je suis aérien. L'air, cet élément archaïque des cultures antiques qui par son apparente immatérialité représente le subtile, le beau au sens platonicien du terme. L'air élève de véritables cathédrales célestes intérieure. Le titre de ce blog donc me correspond. Je l'ai emprunté à Maître Dôgen, sage zen de l'Antiquité japonaise qui disait dans un poème : "Pôlir la lune et labourer les nuages". C'est plutôt joli n'est-ce pas ?
Mais ce titre me frustre car il semble limiter mon sujet. En effet, en prenant de l'âge, j'ai appris que l'âme a un corps auquel elle est plus que solidement attachée. Moi qui me serait facilement voulu ange plus jeune, je suis aussi cette terre glaise dans les mains de Dieu qui m'a fait de chairs et de sang. Et ainsi, depuis quelques années, a grandi en moi une attirance forte pour la totalité du vivant, le tragique sous tous ses aspects. Je suis devenu plus passionné que je l'aurais pensé être à mes 20 ans. J'aime autant la vie pour ses ses passions sanguines que pour ses abstractions lyriques. Ce blog, pour représenter l'autre force qui est en moi devrait aussi s'appeller : "Rouge sang ". Rouge comme le sang des tableaux des maîtres espagnols, la poésie sanguine de Picasso, le sang dans la voix et la danse de la musique flamenco. Ou alors, "labourer les nuages et cultiver son jardin". Le tout est fait de ciel, mais il est aussi plein des fleurs de la terre. Et si je suis le ciel, je suis aussi cette terre terriblement fertile et sexuelle qui crie sa rage d'absolu à vivre sous le soleil.
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