vers d'autres cieux

Publié le 7 Février 2013

Voilà, après ces quelques trois mois et plus de service sur ce blog, Monsieur Yves déménage et change d'adresse numérique. Oh, je reviendrais ici de temps en temps histoire de relire mes textes et au passage éventuellement d'en corriger une tournure ou carrément y supprimer ceux que je jugerai trop mauvais pour vivre une quelconque forme de pérennité. J'ai également en réserve, tout un stock de textes non publiés dans ma section brouillon. Ils méritent d'être relus et certains d'entre eux seront publiés ici ou ailleurs à titre posthume.

Cependant, commençant à prendre plaisir à l'exercice d'écriture, je continue mon aventure à cette nouvelle adresse :

http://picassoenmisojos.overblog.com

Voilà, en guise de dernier partage, je souhaite quitter ces lieux sur une tonalité identique à celle dans laquelle je les avais investi. Mon premier billet posté ici s'appelait : jaillissement ! Je renvois les plus curieux aux archives de ce blog, pour les autres, je dirais simplement que ce premier post parlait d'amour, de l'expérience jaillissante de l'amour. Comment l'amour intervient dans nos vies pour les transformer en profondeur. Ce blog, je l'ai expliqué dans mon avant-dernier billet, était un blog dédié à l'amour, empli d'une conviction intime qui est la mienne que seul compte l'amour et qu'il n'y a rien au-delà du désir de l'amour. "L'amour est la seul grande affaire de la vie" disait d'ailleurs Stendhal et sûrement bien d'autres plus anonymes ou plus sage s avec lui.

Le dernier texte que je souhaite publier ici, est un très beau pamphlet écrit par cet homonyme que je découvre et dont je me délecte ces dernières semaines. C'est donc à travers la bouche d'Yves Prigent dont j'admire l'écriture et la pensée proche de la mienne, que je souhaite une dernière fois parler d'amour ici. Plus précisément donc, de l'amour à son jaillissement premier, en son acte un et fondateur, qui tel l'introduction d'un opéra donne déjà l'entier de la palette émotionnel, donne le la et son socle à l'histoire en devenir, car nous sommes ainsi fait que nous voulons que l'amour jailli si lumineusement en un instant, devienne amour qui dure.

"Rappelons-nous, si nous avons eu la chance de connaître cet embrasement devant un être qui nous a fait tomber en amour : il y a eu des traits, quelques traits, du visage, du corps, de l'habillement même qui nous ont sauté aux yeux et presque aussitôt au cœur; des intonations, des inflexions de la voix nous sont passes instantanément de l'oreille à tout notre corps comme un frémissent fondamental, un séisme intime et très doux; une manière particulière de marcher, de se tenir, de faire un geste, nous a rempli instantanément d'une émotion tendre et désirante.

Ces traits, ces détails auraient été sans doute pour d'autres yeux, d'autres oreilles somme toute assez banal ou seulement sympathiques ou gracieux, en tout cas d'une résonance limitée. Pour nous ils ont fait mouche et , big bang, voilà que nous ne sommes plus nous même. Nous voilà "nous autres". Une brèche s'est ouverte dans notre monde, l'inondant d'une autre lumière, déversant une chaleur inconnue. Nous voilà dans un désert brûlant face au soleil.

Ces détails menus et foudroyants, tout se passe comme si nous les attendions sans le savoir, comme s'ils faisaient partie de nous même obscurément, intimement. "

(Yves Prigent, L'existence amoureuse, 1990)

Un jaillissement. À bientôt, sous d'autres cieux métamorphosés mais bien vivants.

Rédigé par Monsieur Yves

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